Sexta-feira, Fevereiro 23, 2007

Um piscar de olhos a José Afonso



Zeca,

Os meninos do Bairro Negro fizeram hoje uma festa.

Logo ao nascer do sol, saltaram cada um de sua cama, abriram a porta de casa, desceram as escadas em grande algazarra, e vieram todos aqui para a praça.

Quem dera que os visses correr...

E uns perguntavam pelos outros: "Então o Rui? Já foram chamar o Rui?" "E a Rita? Quem é que vai bater à porta da Rita?" E corriam de um lado para o outro para avisar quem sentiam a falta.

Juntaram-se todos ao centro. E foi ali que, apesar de ainda mal amanhados e de barriguita vazia, com os olhos entreabertos por causa da luz nascente, começaram a cantar a música que andaram toda a semana a aprender na escola.

Mais tarde, fomos todos ver o mar.

Ah, é verdade! Desta vez não houve papões que viessem estragar a festa. Mas bem que nos fazes falta para assustar os que andam por aí à espreita.

Não sossegues Zeca. Depois de 20 anos, temos ainda muita falta de pão.

Quinta-feira, Fevereiro 22, 2007

Le conducteur de troupeaux

En ce moment je lis la "Terre des hommes" de Saint-Exupéry. Et je n'ai que ses propres mots pour exprimer le bonheur que je ressens au fil des pages... Je vous transcris un passage...

«"J'étais conducteur de troupeaux, et je m'appelais Mohammed..."

Bark, captif noir, était le premier que je connus qui ait résisté. Ce n'était rien que les Maures eussent violé sa liberté, l'eussent fait, en un jour, plus nu sur terre qu'un nouveau-né. Il est des tempêtes de Dieu qui ravagent, ainsi, en une heure, les moissons d'un homme. Mais, plus profondément que dans ses biens, les Maures le menaçaient dans son personnage. Et Bark n'abdiquait pas, alors que tant d'autres captifs eussent laissé si bien mourir en eux un pauvre conducteur de bêtes, qui besoignait toute l'année pour gagner son pain !

Bark ne s'installait pas dans la servitude comme on s'installe, las d'attendre, dans un médiocre bonheur. Il ne voulait pas faire ses joies d'esclave des bontés du maître d'esclaves. Il conservait au Mohammed absent cette maison que ce Mohammed avait habitée dans sa poitrine. Cette maison triste d'être vide, mais que nul autre n'habiterait. Bark ressemblait à ce gardien blanchi qui, dans les herbes des allées et l'ennui du silence, meurt de fidélité.

Il ne disait pas : "Je suis Mohammed ben Lhaoussin", mais : "Je m'appelais Mohammed", rêvant au jour où ce personnage oublié ressusciterait, chassant par sa seule résurrection l'apparence de l'esclave. Parfois, dans le silence de la nuit, tous ses souvenirs lui étaient rendus, avec la plénitude d'un chant d'enfance. "Au milieu de la nuit, nous racontait notre interprète maure, au milieu de la nuit, il a parlé de Marrakech, et il a pleuré." Nul n'échappe dans la solitude à ces retours. L'autre se réveillait en lui, sans prévenir, s'étirait dans ses propres membres, cherchait la femme contre son flanc, dans ce désert où nulle femme jamais n'approcha. Bark écoutait chanter l'eau des fontaines, là où nulle fontaine ne coula jamais. Et Bark, les yeux fermés, croyait habiter une maison blanche, assise chaque nuit sous la même étoile, là où les hommes habitent des maisons de bure et poursuivent le vent. Chargé de ses vieilles tendresses mystérieusement vivifiées, comme si leur pôle eût été proche, Bark venait à moi. Il voulait me dire qu'il était prêt, que toutes ses tendresses étaient prêtes, et qu'il n'avait plus, pour les distribuer, qu'à rentrer chez lui. Et il suffirait d'un signe de moi. Et Bark souriait, m'indiquait le truc, je n'y avais sans doute pas songé encore : C'est demain le courrier... Tu me caches dans l'avion pour Agadir...»

In "Terre des hommes", Collection Folio, Éditions Gallimard, 1939, page 100-101.

Quinta-feira, Fevereiro 15, 2007

Dia de S. Valentim

Aqueles que me conhecem não estranharão o atraso nesta entrada de blog: 1 dia após o dia certo para o efeito. Eu e S. Valentim andamos com os ponteiros dos relógios trocados! Quem sabe se eu serei mais pontual no dia de S. António...

Uma coisa só liga estes dois santos que eu reverencio de maneira diversa: Lisboa! Lisboa, eterna namorada... Lisboa, eterna mulher.

Amo-te Lisboa.